Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
"Il y a des petits ponts épatants Il y a mon cœur qui bat pour toi" Guillaume Apollinaire il y a un long boulevard bordé de platanes il y a le rhône qui coule entre mes deux cœurs il y a un bar qui n'ouvre jamais il y a des trains de nuit qui font trembler...
Au front des docks le jour se lève, Dorment encor les tristes eaux ; Mouvant seuls à l’aube, roseaux, Et le remous au sable crève. Sinistres chants pour molle grève, Elle s’étend en blonds fuseaux ; Atones au matin, oiseaux Fuyez deçà loin de la Hève…...
C’est une petite bourgeoise du talon à la frange ; une enfant un tantinet trop rogue et assurée, mais trop belle pour en être réduite à un maquillage pompeux. Sa démarche féline survole le pavé, ses reins sont deux contrepoids qui laissent ses hanches...
La belle a pris mon cœur pour une éphéméride, Effeuillant ses folios au rythme des saisons ; Un matin questionnant ses multiples raisons, D’un doigt me fit chasser comme une cantharide… Ô, si peu de rancœur, juste un dépit aride Que je lui entretiens...
I. Mon âme est un roseau de race peu commune, Se jouant de son port à croquer la fortune ; Il s’amuse des vents comme un aigle moqueur Dont l’ombre étend sa soif en un rideau vainqueur Au front des landes d’or où fleurer la lavande… Mon âme est le sarment...
Défait, je vadrouillais quand de persévérance, Un prophète en exil a croisé mon chemin, Et sur la sente ombreuse où priser le jasmin Je lui fis un rébus de mon absconse errance… Le messie était svelte et rat d’exubérance, Enrobé d’une toge aux reflets...
bastille Bastille le désert des boulevards fait place au peuple ce dimanche la voici la Nation du progrès et de la fraternité la voici en marche vers son terrible destin bastille Bastille sur les pieds militants la rue du Faubourg fait triste mine quelques...
longtemps je t'ai aimée bien à l'abri de mon propre univers je m'élevais dans une cage de verre où l'âge et le temps n'avaient plus d'importance j'avais enfin des ailes pour sentir et un cœur pour voler longtemps je t'ai priée je t'ai gardée comme ma...
"J'abandonne ce repos trop fort et je cours haletant vers le bourdonnement des mouches" Philippe Soupault très vieil art criminel du sommeil des passiflores où l'immanence absolue de l'être et du non-être atteint sa pureté significative horizontalité...
J'ai tout donné au soleil. J'ai défié les saisons. Tant de fois contemplé les richesses de ce monde, Épuisés les attraits de l'humeur vagabonde, Sans me lasser jamais de mes déraisons. J'ai tout plié à mes inclinaisons. J'ai multiplié chaque seconde Et...
Morte saison. Quelque part on démonte des tentes. La mer est l'amertume d'un lait tourné qui balance, imperturbable, aux flancs d'un monde à l'agonie. Je suis tout, la mer, la nuit, la saison éternelle qui frisonne au front des palais ; à ton doigt j'enfile...
Comme un rang de fourmis d’une pauvre bécasse Au thorax éventré reniant la carcasse, Comme une amphore dont cent mille ans de soleil Ont changé le vin d’or en un poison vermeil, Les esprits vagabonds ont délaissé les rues. Seul un silence ingrat a gorgé...
C'est terrible, le poids d'une conscience. C'est écrasant de bêtise. La mienne a tenu bon. Et encore, tant d'années ! On se croit de force à le soupeser, ce monde ingrat, de force à le rêver, à en faire sa propre glaise. Aujourd'hui je n'ai plus la force....
« Donc cruauté pour acheter passion, passion pour acheter tendresse » Albert Cohen, in Solal il y a deux raisons d'être aimer et être aimé il y a mille manières d'aimer si peu de l'être on peut vivre d'amour invétéré mourir d'amour unique ou tromper la...
"Te souviens-tu du long orphelinat des gares" Guillaume Apollinaire trains qui passez encore au jour de ma mémoire trains qui vécûtes tant des grandeurs de l'histoire prenez peine à lier sans regret ni rancœur ces quais brumeux qui sont les deux rives...
Jaune à l’orange. Avis à la plèbe, la clarté cauchoise se tarit. Courent les écoliers, courent les ouvriers sous la grêle lumière qui s’irise. Le soir tombe. Orange au rose. Le ciel n’est plus qu’un camaïeu fiévreux, la terre vidée et vierge qu’un bruissement...
"L'avion se pose enfin sans refermer les ailes" Guillaume Apollinaire perte et fracas cerveau qui bat de l'aile je lance des cargos de SOS à la poursuite de mes espoirs perdus héros de l'immortelle aéropostale reconnaissez votre engeance nous sommes légions...
il est loin le temps loin où tout savait ce qu'il me fallait dire ce qu'il me fallait taire c'est à peine s'il m'en souvient encore j'avais un monde d'excuses à offrir et tant d'aveux falsifiés que j'en aurais comblé les vacuités de mon égo pour des siècles...
"Les rideaux qui n'ont jamais été levés flottent aux fenêtres des maisons qu'on construira" André Breton la nuit chasse le jour d'un revers de la main chasse les jeux chasse les rires où sont passés tous les regards qui gardaient les après-midis de tendre...
"Il n'y a plus rien de commun entre moi - Et ceux qui craignent les brûlures" Guillaume Apollinaire J'ai cueilli mes roses au jardin de tes désirs dont ni l'ennui ni l'orage n'ont su fermer les portes plus une nuit de repos toutes mes lunes ont quitté...
Nous fîmes un long tour par les berges placides Sans que vous ne vinssiez à bout de mes transports ; A l'autre bout du môle aux algues translucides Vous m'embrassâtes comme on embrasse les morts. Océanes moiteurs, vous m'eûtes à vous seules Le temps d'une...
"Facile est beau sous tes paupières" Paul Éluard oui simple simple comme une bouche éclose seulette au premier cri du jour perfection illusoire posée simple comme un main tendue baiser de paumes baiser d'orgueils premier amour deux amants qui s'élèvent...
"Ecrire c'est une façon de parler dans être interrompu" Jules Renard Écrire un miroir s'entrelacer de mots pour mieux étancher ses peurs partant s'étendre en rires en promesses fébriles qu'on ne tient qu'un instant chaleurs de mars rêveries débutantes...
Triple tour sur moi-même autoportrait d'un os à moelle - posez un melon bien mûr sur un fuseau collez-y deux bras torves deux jambes canailles un nez à l'emporté de la tignasse au kilo deux agates pour les chasses une bouche au scalpel un menton vaguement...
Merde à la morale et crotte aux croutons crottelés de l'ancienne Église moi je célèbre intolérablement et je défie le premier cul-béni de célébrer plus juste c'est le midi de l'âge les quatre saisons de soleil les vendanges de l'esprit vivre c'est transgresser...