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Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !

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Humanisme

1.) Humanisme


Il est toujours des mystiques – ne vous y trompez pas, le mot se veut provocant – pour croire en la supériorité humaine sur toutes les formes vivantes et non-vivantes, comme d’autres croient aux pouvoirs des mages, ou aux Dieux de l’Olympe. Pardonnez mon cynisme, mais ces gens-ci doivent se tromper d’espèce. Parlent-ils bien des humains, ces bêtes-là dont le sadisme et la bêtise n’ont d’égal que l’infini de l’univers ? Oui, nous parlons bien des mêmes Hommes, et voilà justement toute la tristesse de l’anthropocentrisme : non seulement il n’est qu’un aride et pauvre nombrilisme, mais de plus tous ses fidèles ne sauraient être excusés autrement que par la folie, la cécité ou l’amnésie.

 

 Je m’arrête à ce point dans l’expression de ma haine envers l’Homme. Vous l’aurez déjà compris : j’ai pour Sapiens une bonne dose d’aigreur, plongée dans le bain bouillant d’une rancune inavouable – et pourtant voici que je l’explique. A la limite, je préfère les arbres, les pierres – qui n’ont jamais pratiqué la torture ou le crime contre l’humanité. Mais cette défiance n’est que la partie émergée de l’iceberg de mon cœur ; croyez, si vous le voulez bien, en la difficulté que j’ai à expliquer l’autre moitié de mon humanisme. Comment dire ? C’est une philanthropie pleine d’amitié et de pitié que j’ai pour les individus de mon espèce, avec un soupçon d’attirance… Me voilà dans la rue, au milieu des miens : je dévisage, je souris, j’envoie des ondes chaleureuses aux passants maussades qui croisent ma route. Philanthrope ? Non, trop pessimiste pour cela : c’est une sorte d’amour bienveillant que je propose à mes congénères, tenté de penser qu’ils me le rendront par un sourire ou un regard.

 

Voilà dont mon crédo ainsi énoncé : aimer les Hommes tout en haïssant l’Homme. Ceci m’interdit de croire en l’espèce humaine : son essence même est néfaste au monde qui la côtoie. Mais ceci implique de croire en ses accidents, en chacun de ses individus, comme autant de possibles exceptions aux critères qualifiants l’Homme. Je vis un humanisme quotidien et intranscriptible ni dans un futur proche au lointain, ni dans le passé : un humanisme désabusé et pessimiste, mais qui refuse tout préjugé quant aux humains eux-mêmes. Comme une façon de se révolter contre notre propre bêtise en la rattachant à notre espèce, sans toucher aux individus.

 

Après tout, s’ils sont humains, ils n’y peuvent rien.

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