Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
bastille Bastille
le désert des boulevards fait place au peuple ce dimanche
la voici la Nation du progrès et de la fraternité
la voici en marche vers son terrible destin
bastille Bastille
sur les pieds militants la rue du Faubourg fait triste mine
quelques pavés se remémorent jours de grande liesse
jours d'un autre temps
et ronronnent à qui leur marche sur le ventre
les platanes au garde-à-vous sont comme peupliers
leur cimes font au long cortège une haie d'honneur
et il semble qu'à leurs branches
pendent en grappe
les cerises de mars
bastille Bastille il n'ont que ça en bouche
ces femmes et hommes au regard mort d'ennui mais au sourire vaillant
ces visages laids ces visages las
ces cœurs battant chamade
ami prend garde à toi
prends garde à emprunter le pas
à celle-ci ou bien à celui-là
qui marche pour tous les autres
qui marche pour dire et se dire et entendre dire
combien il est vivant
bastille Bastille accueille une nouvelle fois ce grand corps médusé
ce géant dans les fers de lui seul souverain
le populaire
le populaire immense marchant sur Paris
comme aux grandes heures de l'histoire de France
marchant sur les tyrans
piétinant les chaînes qui l'asservissent
et d'un cri étourdissant
libèrant le rêve
bastille Bastille marchons camarade ami
marchons pour nos frères
tu sais le prix payé par le peuple embastillé
plié sous le joug de l'oppression
tu sais combien la République a méconnu ses bourreaux
ceux-là qui s'immisçant jusqu'aux lieux sacrés de son exercice
en ont bafoué l'idéal
à nous
à nous troupe invisible indivisible
à nous d'en ressusciter le sens
redéfaisons Bastille chaque dimanche chaque jour s'il le faut
rejouons à la Révolution refaisons République
comme à l'époque de nos parents
refaisons de leur bastille notre Bastille
de leur honte notre gloire
de leur résignation
un étendard à notre courage
mi-mars à la Bastille
le temps des cerises est avancé