Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
un jour le grand voyage
la vie hantée de rêve la vie dressée se cabre sous la menace de l'orage venu châtier l'espoir
je suis sur la longue route de l'angoisse un point mouvant et terrifié
comme une coque creuse ballotée au gré des vents
il n'est plus le temps d'avoir le temps
il faut courir face à la vie ou sombrer corps et bien
dans la maison hantée de ma vie des chiffons de suif trempés de thé salé gardent les portes
seul le silence commande au silence
la barque des temps a échoué quelque part au large de nos terres
et d'entre les rescapés la promise au voile de neige regarde fondre au soleil le fidèle équipage
comme il fait seul ce matin
je repense à tous ces jours de pluie passés au chevet du soleil dans l'antichambre du bonheur passés à chercher ta main entre ses draps de marbre sans l'y trouver et alors le froid des larmes qui épinglait des cernes sous mes ongles et des ombres sous les perles des tes yeux car nous pleurions toi et moi nous pleurions tu sais
non tu ne sais pas
tu ne m'écoutes pas je parles pour ne plus rien dire
les siècles de légendes devenus inutiles traînent au coin de mes mots
et une étrange mélancolie vient piquer mon cœur de regrets
ce corps me fait mal de ne pas savoir son bien
cette âme n'est qu'une vieille peau qu'on reprise pour en sauver le souvenir
la fatigue m'étreint
je rêve au grand voyage qui m'éloignerait de toutes ces choses inhumaines ces choses tangibles à faire geler l'incendie du cœur des hommes
mais le destin me tire loin des terres de lumière où trouver l'apaisement
le grand voyage est oublié la pesante vérité demeure
que d'entre les débris de la barque échouée
s'échappe le fantôme des ans passés
à regarder passer les ans
cruellement les mêmes cruellement lointains
éhontément cruels cruellement cruels