Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
Comme un rang de fourmis d’une pauvre bécasse
Au thorax éventré reniant la carcasse,
Comme une amphore dont cent mille ans de soleil
Ont changé le vin d’or en un poison vermeil,
Les esprits vagabonds ont délaissé les rues.
Seul un silence ingrat a gorgé de ses crues
L’espace infini des places et des jardins…
Plus de ces pas muets autrefois anodins,
Plus de ces corps brûlants s’échangeant dans la brume,
Plus de ces grêles voix s’encollant au bitume
- Seule la nuit résonne entre les pans des murs
Qui survivent encore aux hivers les plus durs.
Que Saint-Etienne est grave au début de décembre !
Je l’ai vu en tombeau noyé sous le gingembre,
Je l’ai vu en ruine où ne vit ni ne dort
Que quelque éclat bleuté qui passerait pour mort ;
La ville est le sépulcre accueillant mes tristesses,
Lentement elle m’endort en ses mains poétesses
- Si je pouvais dormir là un peu plus longtemps
Je la verrais renaître aux douceurs du printemps…