Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
Parlez-moi de cette île où l’on vit sans hiver Ô sirènes reins nus qui peuplez mes mirages Yeux clos je vois danser, chacun comme un long ver Vos corps dorés sur l’onde appelant les naufrages… Partir ! Puisqu’on en rêve où sombre la raison Partir en voyageur...
Hier, à l’heure où la campagne expose ses teintes les plus vives aux pupilles des voyageurs, j’ai croisé le plus grand des poètes. Comme toutes les aventures fabuleuses que je puisse vivre, je contractais celle-là vagabondant, des chemins égarés suzerain,...
un jour le grand voyage la vie hantée de rêve la vie dressée se cabre sous la menace de l'orage venu châtier l'espoir je suis sur la longue route de l'angoisse un point mouvant et terrifié comme une coque creuse ballotée au gré des vents il n'est plus...
« De toutes les villes de France, Lyon est la mieux organisée contre la poésie. » Marcel Achard rue saint-jean on oublie le siècle qu'il fait tout y est à sa juste place on est un peu fébrile de battre un pavé quadricentenaire mais vite on se défait du...
Je suis de ceux qui vont en ville pour croiser des regards. Du reste j'évite les promenades. Sans doute est-ce parce que de regards, je n'en croise jamais qui m'inspirent vraiment. J'ai débranché mon téléphone. J'ai vérifié la serrure de la porte. J'ai...
J'avais en tête, ami, sans insolence aucune, De me livrer à vous, de m'expliquer enfin ; Des propos à venir qu'on me garde rancune, Sachez bien que cela n'est nullement ma fin. Voici : clairons et cors me sont insoutenables, Leurs chants sonnent en moi...
Comme un jeu de grelots tout encombré de sable, Comme un lointain lorgnon à l’atout périssable, Mes yeux blanchis d’avoir trop fixé le soleil Las, me sont devenus de bien pauvre conseil Pour juger des splendeurs de vos graves aurores… Palper encore un...
Ces cœurs qui ne sont plus que d'inconnus domaines, L'énamouré galant tout à l'ombre assoupi, Les amants des champs blonds ne foulant plus l'épi, Ô saison qu'as-tu fait des amours souveraines ? Que n'ai-je trop aimé de succombes hautaines, Combien d'émotions...
Dehors est le désert inculte de l’asphalte En jeux de traits rompus il étend sa grandeur, Eugéniste jachère où juger la candeur Serait nier la crasse empêtrée au basalte. Les moiteurs de la ville ont, comme un filtre exalte, Inverti les esprits de leur...
La langue allait d’accents en césures comme une armée marche sur Rome. Ou plutôt comme une descente aux flambeaux, à la lenteur chaude comme le désir ; le tempo était posé, jouant des pauses et des dictions chancelantes avec justesse et mesure. L’œil,...
Tu me mens tendre muse à prétendre cent fois Ô bergère en mes cieux comme une unique étoile Briller tant qu’un brasier d’herbes et désamours Ô tendresse des nuits - vertiges d’anamours Passés, brusques, au front de ces palais de toile Jamais ne sois ma...
Tant vivant qu'au sucré d'un éveil, J'ai remboursé ma dette au soleil Docile amant qu'un printemps envoie D'entre les champs il trace sa voie Son rayon tait la rumeur des eaux - Ô fleuves, ô silencieux roseaux ! Ami, dansons au creuset des sentes L'été...
Le jour perce au travers de l’unique persienne ; Notre cité résonne en chants brûlants d’ardeur ; A ma porte il accourt, le soldat, le frondeur, Et la blanche clameur, de ma chambre gardienne. Est-ce elle que j’entends, la légion athénienne De son pas...
En rajah, en paria fait d’une auguste étoile, Géronte, il trône là, l’Arabe aux yeux d’azur, La lèvre aimable et torse, un regard un peu sur Par la brume automnale embrassé d’un long voile. Son geste rare et lent dans le pli de la toile Se perd en des...
Nu de passé, j'arrive en tes Marches antiques Où s'échoue Achéron en rade de l'Enfer ; Pour amadouer Styx, en son froid cou de fer, J'ai couché un baiser aux charmes narcotiques... Charon me crut Hercule, et les eaux méphitiques De fondre sous sa barque...
Il me souvient de ces matins Frétillants encore Où éveillant ta peau satin J'implorais l'aurore ! J'émergeais, las, face à la mer De tes boucles blondes Et ravivais mon œil amer De tes formes rondes... Remerciant la lâche lenteur De ton indolence, J'attendais...
"Amer savoir, celui qu'on tire du voyage !" Charles Baudelaire Naufragé solitaire, à quand nos retrouvailles ? Nous gardons triste mine ici, de te savoir A l'autre bout du monde, et d'entrapercevoir Ton quotidien de jeux, d'amour et de ripailles... Tes...
"Femme tu mets au monde un corps toujours pareil – Le tien." Paul Eluard Syncope – l'heure se consume. L'ennui remue des ailes ; tes yeux surnagent tes paupières. Il n'est plus de raison ; que la dictée des sens, et la nuit qui attend. Silence meublé,...
"Mais j'aime, justement" Paul Eluard Femme monde intermédiaire faveur poétique ligne immuable droit au cœur des hommes tu t'inventes d'animer cœur par cœur l'immensité donnée des rêveurs insatiables aimer à l'impossible sinon ne plus aimer puis donner...
Nuit d'été, nuit d'orgueil – j'en étouffe encore... Et je ne dors pas. Tête éclatée, mémoire rageuse, mental à l'échouée ; la nuit j'affronte mon âme au corps à corps, m'enlace, me délasse, soulève un peu mon poids de remords... Souffle au cœur... vapeurs...
J'ai fais un rêve qui m'a beaucoup marqué, la nuit dernière... J'ai ressenti le besoin de l'écrire... Je vous le livre ici. * J'ai tant erré... Abîme ou grandeur, je n'en voulais aucune - et passais outre. J'étais l'Intemporel. Je croyais en une ombre,...
"Tu es la ressemblance." Paul Eluard Femme-monde, alignant sa propre gravité, son propre rythme, sa féérie distincte. Ta présence pulsifie le temps, exploite ses mystères – l'air se tarit ; les fleuves ne portent plus que de vagues lueurs ; tu rends corps...
"Mes pauvres yeux sont pleins de vous" Guillaume Apollinaire Tu magnifies l'essence et rends chaque être à son millésime tu fondes une harmonie d'exil et de lumière une terre de natalité d'où émergera l'humanité nouvelle tu lèves le jeûne pour extraire...
"Compagnons des mauvais jours - Je vous souhaite une bonne nuit." Jacques Prévert Amis du soir, bonsoir ; je ne fais que passer. Une amie m'a mandé parmi vous, pour vous faire l'échange d'une ombre, contre un peu de soleil. La nuit sera rude et longue,...
Prenez un soir clair et humble, assez pour se l'imaginer trahir, trop pour en être tenté... A l'ombre d'un regard, tout près du fleuve doux, il y a un monde pour chacun – on s'oublie le temps d'une éternité, on regarde filer l'eau brune, on pèse enfin...