Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
Je suis de ceux qui vont en ville pour croiser des regards. Du reste j'évite les promenades. Sans doute est-ce parce que de regards, je n'en croise jamais qui m'inspirent vraiment.
J'ai débranché mon téléphone. J'ai vérifié la serrure de la porte. J'ai laissé la fenêtre entrouverte – dehors tout est si lourd, si lent. C'est comme un ciel noir de remords qui caresserait les toits. Il y a, et bien, peu de choses autour de moi, un livre, un verre vide, un lys qui se fane dans un vase éméché, un chat angora, et puis mes mains qui le caresse. Et puis le soir qui tombe.
Pas si loin il y a des gens qui tournent en rond. Des vies qui s'échangent, des beautés qui se valent. Des créneaux laborieux, des diners en silence, des enfances qui s'enlisent. Tout cela se fait. Les vies lentement s'enrayent et l'on regarde tout ça d'un œil indifférent. Les questions ne viennent plus. Les réponses tombent d'elles-mêmes.
Moi je ne crois plus aux chiffres, ni en la vertu des plantes. Je crois en l'exil, celui des rêves et des possibles. Et à cela nul recours possible.
Paisiblement je verse sur ma droite, ma joue sur l'accoudoir du sofa ; le chat s'écarte, longe la table, s'enfuit dans la chambre. Et puis je m'endors en pensant à un lendemain qui n'est pas venu hier, et qui ne viendra certainement pas ce soir.
En rond, vous dis-je.