Il me souvient de ces matins
Frétillants encore
Où éveillant ta peau satin
J'implorais l'aurore !
J'émergeais, las, face à la mer
De tes boucles blondes
Et ravivais mon œil amer
De tes formes rondes...
Remerciant la lâche lenteur
De ton indolence,
J'attendais ton lever flatteur
Digne à l'insolence.
Ton corps était le tracé pur
De lignes ténues
S'évasant dans le clair-obscur
De tes rondeurs nues.
A ta démarche un éclat clair
Jalousant tes courbes
Allait parfois baigner ta chair
De reliquats fourbes ;
Ton dos blanc que rien ne distrait
De son port monarque
Parmi tant, reste bien l'attrait
De toute remarque.
Tant d'aurores à m'ébahir
De ta silhouette
N'auront pas suffit à trahir
Mon cœur girouette
Je rêve encore à chaque éveil
Dans la chambre sombre
De ta chaude peau de vermeil
S'esquissant dans l'ombre...