Morte saison. Quelque part on démonte des tentes. La mer est l'amertume d'un lait tourné qui balance, imperturbable, aux flancs d'un monde à l'agonie.
Je suis tout, la mer, la nuit, la saison éternelle qui frisonne au front des palais ; à ton doigt j'enfile les jours comme les perles. Un vent d'ouest nous envole un instant, et je sens qu'un remord plane, nuage incolore, sur nos têtes bourdonnantes.
Mais regarde-nous, seuls à la proue d'un continent sans mesure, comme les deux enfants maudits d'un Dieu déchu ! Nous deux et la nuit conquise, amoureux et épuisés, à crever d'innocence et de romance...
Regarde toi.
La lune joue du luth avec tes cheveux.