Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
"Les rideaux qui n'ont jamais été levés
flottent aux fenêtres des maisons qu'on construira"
André Breton
la nuit chasse le jour d'un revers de la main
chasse les jeux chasse les rires
où sont passés tous les regards qui gardaient les après-midis de tendre lune
loin du soleil loin de la mer
déjà tu ne te souviens plus du goût des petits matins de pluie
où tu donnais le bras à un silence millésime
dans les jardins clos de l'enfance
il est tard Lise où es-tu
je fais un rêve étrange
au milieu d'un champs de ruines l'ombre de la grande maison agite ses crécelles
le boulevard infini des corridors a pris l'eau comme tes rêves
la maison dort les yeux grands ouverts
seule dans l'antichambre veille allongée une petite fille qui n'est pas toi mais les peurs qui tu as gardé pour toi
elle lit un roman savant de Flaubert ou Stendhal
dans le rouge et le noir de ses draps étoilés
ses tempes sont deux bancs de sable
que creuse la fièvre comme une quelconque mer de sang
est-ce moi qui te rêve ou toi qui me rêve
je distingue la haute cheminée de la maison sans toit
qui plonge dans le ciel avec une faim avide
je longe un chemin d'os brillants et de serpents de feu
qui grimpe au sommet de la nuit
mais alors que j'en atteins la cime je ressens comme un frisson
la maison s'illumine où tu n'habites pas
mais où ta voix retentit
pour les siècles des siècles
comme dans tous ces rêves auxquels je n'avais jamais songé
il est tard Lise où es-tu
les clefs donnez-moi les clefs
donnez-moi les clefs de la grande maison