Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
I.
Donnez-moi des larmes
souffrez que je ne tienne
mon serment de raison
j'ai revu le banc de pierre
et la tonnelle et le pont d'eau
où s'aimèrent d'amour l'étoile et le berger
une demoiselle à qui je fis l'offense
d'emprunter un regard
une demoiselle
me livra à moi-même
et dire que mes amis s'inquiétaient
de ce que j'eusse toujours
le cœur ailleurs
j'attends l'heure
sinistre et douce
où enfin je livrerai mon secret
à un désert impénétrable de silence
II.
je me suis pardonné
d'être et demeurer fidèle aux miens
je me suis découvert des abîmes d'inespérance
des lacs de nuit en jachère
comme autant d'heures inavouées
dans sa rondeur de ventre
la lune a parlé
et j'ai pardonné
à nouveau dans la nuit je plonge
pour en tirer
un monde à mon image
III.
le drame est aveugle
mais grand seigneur jamais n'oublie un nom
heureux sommes-nous
d'avoir coupé aux murs de silence
derrière lesquels il n'est plus d'illusions
à gagner ni à perdre
seul
le lourd tâtonnement des êtres
et nous voici
médiocres
taillés pour vivre.
IV.
je suis une désillusion
j'ai trop aimé pour un cœur
et la lune sait ma ruine
de n'être et prétendre qu'à la variété dans l'unité
mais s'il me venait une tierce vérité
j'en saurais faire l'art liminaire
d'une œuvre autrement finale.
V.
je désespère enfin
et incline à ne jamais devenir
ce que je suis
mais une fois l'être aimé
rendu à l'extranéité de mes possibles
le songe n'en garde pas moins les charmes
d'un miracle ordinaire.