Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
Ce soir l’azur pleure un peu sur les plaines de tes tempes.
Peut-être est-ce une illusion.
Ce soir la nuit est un bain palpable d’obscurité. Comme un souffle glacé, celle-ci envahit rues et impasses, happant chaque âme vagabonde dans la tourmente de ses sombres fantasmes. J’ai cru à une légion de lémures m’envolant de la terre ferme quand, sortant du porche où je m’étais protégé du soir se couchant, les ténèbres me happèrent. Il était, en la fleur de cette nuit des sens, des flux de chimères et de peurs qui m’entrainaient vers le néant de leur aval. Je me drapais dans ma fatigue comme en une toge d’empereur, et je fendais ce bain de noirceur – comme le Christ dans le désert ingrat. Flottant entre deux nappes de vapeurs grises, je sentais la démence éclater en mon sein comme une bulle de savon poreuse. Mon bon sens perdait son flegme, je sentais la griffe acérée du démon sur mon épaule ; elle était grisante, la moiteur de cette patte velue, elle me guidait dans ma cécité latente - et cependant je sombrais indéfiniment dans quelques gouffres d’horreurs où la transe d’un sabbat ensorcelait un peu plus mon pouls ; et mon pas de se perdre encore en les détours scabreux de cette nuit d’angoisse.
Mais l’azur en perles de pluie au coin de ton œil, au travers de la brume – à lui seul, il sauva ma conscience