Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
Une ombre fauve, là, dans la nuit – un chat tapi dans un bosquet, aux aguets, veillant sur les ténèbres figées et le houx sémillant. Un brasier de flammèches virevoltantes, foudre fondant péniblement au cœur d’un buisson ardent. A peine si on le devine. Un mince rayon de lune vient s’éclater violemment sur la chair poilue et grasse, révélant l’étoffe vacillante et la queue raidie du félin qui frisonne au contact de la lueur blafarde. Une oreille frétille, la vie a donc investi la bête ; dès lors plus un geste, tout le jeu est dans l’inertie des corps, des chaleurs, des regards. Les pattes frêles semblent enracinées à la terre, le museau, embué par le froid, flaire sans un mouvement les parfums nocturnes. Et le duvet neige couvrant le torse de l’animal de percer les voiles épars que la soirée a jeté sur la nature.
Un nuage passe. Le félin disparaît dans la marée d’ombres qui le happe. Seuls deux pupilles, comme deux lézardes sur une façade d’albâtre, brillent et brillent encore dans le crépuscule à l’agonie.