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Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !

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L'Homme de demain

Vague à l'âme. J'ai mal à l'être, l'esprit qui ballonne. Le hoquet métempirique, l'appelaient les sages.
Soudain on réalise. Les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. Les gens vont s'ignorant, dans l'infinie langueur des songes. Le cœur s'estompe ; la beauté se fane. L'idée même se fissure, s'étrangle en d'étranges digressions. Le flou s'empare des vivants, des inertes, et les étreint à la déchirure.
La vie, ce rouleau, cette usine à la chaîne, cette pâte molle et égale, qui règle la sinistre justesse des choses ! La norme, la maîtresse norme, l'excellence homogène ; un monde taille standard, jusque dans ses mouvements de matière – action-réaction, c'est une mécanique sans accroc. On a rêvé un langage univoque, de signes distincts et balancés, qui modèlerait la science de demain. Déjà on raisonne les poésies, on désosse les mots, on adoube le sens. On pense par écran interposé.
Tout s'optimise, tout s'uniformise. Le processus élimine la réflexion ; la réflexion, c'est la mort du progrès. L'automation régit l'esprit du nombre. Enfin la perfection est à portée technologique. En débat comme en expérience on isole, on dissèque, on analyse, thèse, antithèse, synthèse. Bilan.
Mon délire névrotique me double : je vois l'Homme de demain, son crâne tapissé de prénotions, de contemplations inabouties, figé, l'œil à l'horizon ; il s'imagine immortel, il s'imagine une vie plurielle et sans fin, mais il n'est qu'un, il est le groupe, pense et vit le groupe. Ses mains vont jusqu'à terre pour mieux sentir ce sol qu'il ne connait plus. Il croit en l'avènement, en la vérité immanente, en sa propre existence. Les surlendemains l'emportent dans une valse au timbre monocorde.
La divagation me lasse. Le hoquet me quitte – tout cauchemar a sa fin. Ahuri par mes visions je reste ainsi des siècles, prostré dans mon antiquité. Mon antiquité consciente.
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