Salomé.
Un nom comme un soupir.
Au faîte des dunes je me déchirerai l'âme à le hurler : Salomé ! Un cri comme un assourdissant silence, un cri pour rappeler l'écho à ses origines, un cri pour défier les divins courroux. Je le salirai, ce nom, rien qu'à le qualifier, rien qu'à le mouler de mes lèvres - à peine sorti, il vibrera de sa lourde carcasse, flottera un instant, titubera s'il lui en dit, puis s'étonnera de fondre en l'air brûlant comme neige au soleil. Demain, il couvrira tout ce que la lumière et l'ombre ont de jardins et de rêves - comme un baume sur chaque être et chaque terre, d'un pôle à l'autre, systématiquement.
Rien qu'un nom postillonné d'entre les mers de sable, arraché à ma douleur, un nom à faire trembler le ciel, un nom à faire rougir Dieu, ton nom seul, ma tendre...
Salomé !