Elle a tout l'or du monde au creux des paupières, Lola, recroquevillée entre deux nuées frénétiques, sa main fuyant le sommeil comme une armée en déroute. Même l'ennui est fou d'elle : sa beauté nue, c'est sa lourde héridité, son blâme et sa palme. Le crépis gémit quand le draps libère une hanche, un sein moqueur, et la nuit revit le film de sa jeunesse.
Elle a un soubresaut, un frisson d'aise : de la fenêtre entrebaillée une brise vient lui lécher les formes. Elle pousse un drôle feulement, de ceux-ci qu'ose la mer quand l'enchante un éclat de lune ; fébrile, en proie à quelque rêverie charnelle, elle sourit à un corps imaginaire, se cabre, bascule infiniment puis tombe, à nouveau seule et souveraine, l'appétit comblé, le dos contre les lattes, cuisses et ventre offerts. La boiserie n'en peut plus.
Lola rêve et c'est la Terre entière qui tremble.