Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !
"Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s’agrandit"
Robert Desnos
combien de questions encore
se cherchent une réponse
dans le dédale de ma raison
va savoir les millions d'années entre nous
les milliards de siècles que peut cacher un mètre de distance
un mètre de regards sans un seul millimètre d'espoir
tout dans le don de soi
c'est mentir que de louer l'amour à sens unique
je le sais je l'ai fait
et j'ai compris sur le tard
que cet amour s'appelle exil
va savoir les miracles qu'exhument
les mers troubles du souvenir
marées montantes à l'affut du moindre écart
et de ce réflexe qui fait de l'homme un monde tourné vers son passé
ô le triste océan des visages perdus et téméraires
qui alors glisse dans les terres de l'homme
et se rappelle à lui
comme une patrie ignorée
va savoir la nécessité de ce cirque
de l'invariable cirque de la femme et de l'homme
trompant son monde jusqu'à lui faire croire
en sa propre immortalité
c'est le cruel artifice de la vie qui se perpétue à travers l'autre
et que l'on nomme amour
mais il suffit d'un regard
du reflet d'un regard
de l'ombre du reflet d'un seul regard perdu dans une foule d'yeux ouverts
pour nous prendre aussi au jeu
va savoir si l'on oublie jamais
si l'on échappe jamais à la confession d'une conscience
bien sûr on fait semblant mais c'est si mal téléphoné
la même farce de l'amnésique et du salut de l'âme toujours toujours
mais il y a cette pierre blanche sur tous les jours et tous les visages aimés
une pierre blanche pour chaque instant d'amour
et qui soudain devient ce rivage de galets blancs sur lequel ton corps étendu
attend que la marée l'emporte
oui mais comment me faire comprendre
de ceux qui ne la savent pas
si dure si fragile
comment percer le mystère de l'affection
sans mensonges sans histoires inventées
histoires d'inclination et de crochets du cœur
mensonges scientifiques car qu'ont à voir les atomes là-dedans
les atomes ne bronchent pas quand elle fait sa moue de fille sévère
ô si vous saviez comme elle est
si vous saviez sa force
elle est d'une si douce tyrannie
comment ne pas plier
sa belle sa si belle manière d'attente
cet art du serment toujours renouvelé
et l'adresse qu'elle exerce
à pénétrer mon cœur sans n'en rien savoir
va savoir où elle va chercher tout ça