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Bienvenue dans mon chez-moi virtuel, un petit blog sans autre importance que celle des mots... Poésie classique, japonaise, libre ou en prose, toute ma passion pour l'écriture s'y retrouve ! Poésie, quand tu nous tiens !

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Guerre

Dans ce monde on ne s'aime pas. On guerroie. C'est le jeu, la tradition, l'héritage de dix mille ans de civilisation. On s'est élevé au nerf au-dessus des autres primates, rien qu'à ça, en s'entre-tuant, de père en fils. Finesse toujours.

On dira : l'Honneur, la Patrie, la Bravoure, le Devoir. Foin ! Façades ! Grotesque ! Je vais vous la raconter moi la guerre ! Nul prince, nul empire d'esprit ou d'intellect, non ! Ni héros, ni idéal ! niet ! De la chair à vif, voilà tout ! De la viande toute remuée à l'idée d'occire son prochain ! Un troupeau d'ineptes vautrés dans leur niaiserie, et quelques demi-cerveau mal finis au-dessus du lot pour guider les instincts ! aligner les bœufs ! Exciter ! haranguer ! Dès lors le travail est fait, le reste vient naturellement. Le bras qui se lève, la main qui s'abat joyeusement, c'est dans les gènes ! positivement ! Le chaos aidant, même les timides s'en donnent à cœur joie ! Pour sûr ! Regarder-les, les poisseux ! à branler du chef avant l'assaut ! Visez un peu tout le mouvement de leur trogne au premier coup de fusil ! à la première aorte qui gicle ! à la première fiole qui pète ! Leur trombine qui se déride, qui rajeunit ! trente ans d'un coup ! Pas cher la cure de Jouvence ! De l'autre côté aussi on s'amuse, à voir la cafetière du poteau partir en vrille... Faut dire, y a de quoi se boyauter ! Facile ! La situation, métaphysiquement pensant, est plutôt cocasse : cent mille bouseux à se faire éclater le champignon sans motif, pour l'amusement, la détente, l'obéissance, la Nation, c'est fichtrement beau !

Maintenant que c'est lancé, plus question de stopper la machine ! Nenni ! que Diable ! Pas avant d'en avoir buté la totalité ! Et si y en a plus assez en face, bigre ! foutre ! On tape à côté, dans les frangins ! Envoyez la sauce ! C'est parti ! Bam ! Vlan ! Rouge, bleu, partout ça fuse... Un tromblon dans la vase ! Attention à gauche ! Une mandibule qu'on déchausse ! À droite, un fémur en osselets ! D'un obus, c'est dix patriotes qui volent ! Strike ! Bravo l'artiste ! On remet ça ! Une ribambelle de fantassins qui vient s'enfoncer sur les sabres ennemis ! Au milieu, un pecnot qui cherche son bras dans la fange et la merde... Les macaques en lambeaux commencent à s'agglutiner... Bientôt c'est plus un tas, c'est une pièce montée ! une pyramide ! Khéops ! Akhénaton ! Et ça continue... Des premiers, les intrépides, il reste plus que des charpies, une soupe rance qui creuse un sillon entre les allongés tout frais... Un pas méchant se fait éclater le ciboulot à coups de bottes, la cervelle recouvre le tout... En plus y a ceux qui gerbent, à en rendre le foie, mais qu'ont pas le temps de se poser, qui rendent la baïonnette à la charge ! Mordieu ! Là d'autres s'empalent de concert, tout se termine dans un froid baiser de réconciliation, chacun la lame cherchant dans le bidon de l'autre... Y en a bien qui cherchent à trisser, à se faire la belle, à travers champs, qui se font finalement canarder de dos... ceux qui croient s'en être sortis finiront à la Court Martiale, puis une balle entre les dents, collés à un mur... Pas si mauvais finalement. Au plus fort de la bataille y en a un qui hurle à sa mère, au Christ, à Satan, avant de se finir lui-même au flingue... Un autre agonisant qui cherche encore des insultes nouvelles : « Bordel de Dieu de nom de Dieu de merde ! » Deux trois qui se prennent pour des loups, à japper à la pleine lune... à s'emmancher comme des fous...

Tu vois, la guerre, quand j'en parle, j'aime que rien en se perde. Ni les froc trempés dans les tranchés à attendre son heure, ni l'infinie splendeur d'un crâne à demi éclaté sur le haut, comme un œuf à la coque, ni la délicatesse de l'égorgement fatal, de la gorge saignant à plein tube, ni même la carte postale de fin, la montagne de macchabées, à feu et à sang, fondant lentement au soleil. Et sur la colline la plus proche, les généreux se congratulant virilement, le nez dans le champagne, d'une si éclatante victoire.
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