Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 16:09

 

nous dormions du sommeil des pierres

il en a fallu des nuits pour éponger la fatigue

de nos tempes de nos lèvres

souviens-toi c'était au début de l'été

sous tes yeux il perlait des étoiles

et les miens coulaient contre mes joues jusqu'à la commissure de mes lèvres

la nuit de son blanc suaire épanchait cette débauche de larmes

je laissais mon menton aller à sa paume pâle comme la mort

sans peur pourtant

confiant

serein

l'haleine tiède du soir visite à nouveau mes lèvres

elle y scelle un baiser de tendre courtoisie

venimeuse amoureuse de mes veillées tardive toi aussi je te sens sombrer

laisse aller

laisser glisser

nous dormirons du sommeil des pierres

et nous nous chercherons encore

jusqu'au lendemain des lendemains

 

*

 

Ici mon blog trouve sa fin. J'ai plus que jamais besoin d'un nouvel espace, d'une nouvelle terre de poésie, vierge et offerte à mon répis. Peut-être saurastu la trouver, au hasard de tes recherches...

Ami lecteur, je te salue ! Bon vent à toi. Et surtout : n'oublie pas d'crire

Partager cet article

Repost0
8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 16:03

I.

 

matins des mauvais jours nous voici enfin seuls

une tendre mélodie écrème la nuit du bruit des chaînes et les cœurs

comme il fait sombre autour de moi

à vrai dire jamais je n'avais vraiment connu le noir

je m'en rends compte aujourd'hui

j'ai vécu dans un miracle de soleil

et à l'éclat le plus brillant de la plus brillant étoile

je dormais à poings fermés

 

matins des mauvais jours enfin nous voici

peut-être un peu plus vieux qu'à l'ordinaire

peut-être un peu plus las

un vertige de ténèbres me prend

sa terre se dérobe sous mon pas

je sombre dans un corps très beau de fruits et de lumières

qui comme un astre brûle de ce qu'il brûle

je sombre dans un paradis de rêve je m'échappe de vous

adieu nuits adieu jours je m'en vais loin d'ici

la vie des rêves trace sur vous sa route

et je me fonds en elle

comme en un bain de lait

 

mais non je ne mange plus de ce pain-là

mes jeux d'enfants je les ai quittés

il me faut apprendre à vivre en homme

tout près des autres hommes

comme si rien ne s'était passé

comme si je vivais encore

 

matins des mauvais jours

comme il fait sombre autour de moi

 

 

 

II.

 

je ne sais plus quel jour il est quel jour il fait

les champs verts du deuil sont mon seul horizon

je regarde passer les heures assis à la fenêtre

le ciel est immense au-dessus de moi

il y passe une étoile que ne guide plus ma voix

et tout le jour durant l'étoile poursuit sa route d'exil

la ville est matée de sommeil ses hommes abrutis d'images folles

je ne sais plus si nous sommes le matin ou une après-midi quelconque

je m'en fiche

je suis bien à ma fenêtre

une colonne d'hirondelle fait une descente sur les toits grisés de pluie

entre les cheminées et les tuiles arrachées

au loin un ballon de baudruche s'éloigne l'âme en peine de la cour du collège Robert Desnos où les enfants rient et chantent toute la semaine sans trêve ni relève

sans soucis ni doutes ni sarcasmes

la vie leur est un jeu d'enfant

courir se lever grimper courir encore écouter écrire tomber pleurer sourire frapper mentir aimer

toute la semaine

ô bonheurs de l'enfance que ne durez-vous toute une vie d'homme

la cloche sonne les écoliers se pressent à la grille les hirondelles dansent de clocher en clocher

la nuit tombe comme un couperet

je suis à ma fenêtre

je regarde la première étoile jeter de grandes ombres noires sur la ville

qui a rendu les armes

soudain mon regard croise mon regard dans le reflet de la vitre

il me semble malgré les larmes reconnaître le visage de ce garçon

fixe et sombre tandis que la rue s'éteint

je regarder la nuit entrer dans ces yeux verts détresse

plus sombres que le soleil

plus fixes que la lune

 

 

 

III.

 

la statue de marbre souriait au passant

la terre était vide de sens le sentier en jachère

dans le parc abandonné par le chant des enfants et des oiseaux

il s'en venait un homme que je ne connaissais pas

et qui n'était autre que moi

l'homme tenait entre l'annulaire et le medius le mégot d'une cigarette qui semblait fleur fânée

à son bras un grand par-dessus le même qu'à ses épaules et à son torse

deux cernes lâches menaçaient de tomber à ses pieds

il avait une oreille immense plus grande qu'un tour de manège un soir de feria

plus grande que la mort plus grande que la vie

et portait à la taille un anneau de cendre fraîche où brillait un diamant

 

des champs verts de la peur il s'en venait l'homme épuisé saluer l'idole de marbre et de fer

parvenu à sa hauteur il posa pied à terre – il marchait au-dessus de son ombre jusqu'alors – puis un genou en signe de servage et front baissé parla à la statue

 

« nous sommes de la race pieuse des infidèles

qui ne trompent jamais que leurs propres yeux ;

il y a bien longtemps

je vivais dans un château de cartes et m'y croyais en un palais de sel et de rose

mais tu sais mieux que moi

comment la tempête d'hommes heureux

fait miettes de suif et de chair et de sang »

la statue dit

« je suis la tempête, la tempête des sables noirs,

je suis le chant des feuilles et le miroitement des roseaux

je suis la lune terrestre de tous les solitaires

mais tu sais mieux que moi la froidure du marbre

 

embrasse-moi »

 

l'homme à l'oreille immense baisa les ongles de verre poli

s'inclina en pleurant tièdement

puis vêtit de son ombre la belle effigie

il pendit à la branche d'un séquoia le manteau qu'il tenait à son coude

pour s'en alla dans la brume fumante d'un joli mois de mars

 

 

 

IV.

 

voici que nous reviennent les charmes de la tempête

avec ses hauts-hurlants ses parterres de braise de suc et d'os broyés

une cloche comme un tambourin tonne entre mes bras ballants

son pouls m'écrase le cœur en rêve

la nuit est blanche de sommeil

il passe dans la chambre une foule d'ombres pieuses

qui ballent aux fenêtres ballent aux murs ballent aux portes

elles sont rideaux tableaux poignées grincent en cadence

sifflent une mélodie d'outre-tombe

la tempête est là

 

d'une oreille immense je guette le chant des oiseaux le rire des enfants

qui ne tardera pas

mais enfants oiseaux se dérobent à mes yeux pour fuir le mauvais mauvais

nous voici face à face

la tempête a deux yeux un nez

une bouche pour parler ou embrasser avec douceur ou cruauté

elle s'avance dans la chambre

elle a le souffle court et ample

ses lèvres tombent à mon oreille

et dictent

 

« elle est venue mon heure

l'attente a été longue pour chacun d'entre nous

mais nous voici tous les deux

d'aucuns disent que je suis un monstre aux yeux fardés que je mens plus que la nuit

d'autres me nomment la Putain véritable

ne les écoute pas

ils sont comme la sciure aux portes d'un palais de chêne

méprise-les

tu es d'un autre destin que tes frères mortels

tu as l'âme et le cœur de toutes le tempêtes

apprends à me connaître

apprends à m'apprendre

apprends à m'aimer »

 

elle fait d'une caresse un sort à mes désirs

et dans le bruit d'un papier que l'on froisse colle sa paume à mes yeux

je ne vois plus

à mon oreille

je n'entends plus

à ma bouche

je n'ai jamais parlé

me voici plongé dans le froid d'abysses interminables

me voici sombre et nu

tempête devenu

tempête roulant ses charmes dans les plaines du silence

dans les champs verts champs électriques de l'absence où l'amour n'a plus ses droits

je souffle sans discontinuer de tous mes poumons sur les châteaux de cartes du sentiment humain

enfin me voici parvenu au stade ultime du détachement

ne faire qu'un

avec la tempête

 

quand je rouvrais les yeux j'étais seul et la chambre

naviguait solitaire

sous les eaux froides de l'ennui

 

 

« Je suis une larme de poison sur la rotonde du calice. Je suis déjà sur ta lèvre, je suis déjà sur toutes les lèvres. Je n'accroche qu'à la pureté.

Laissez-moi ».

 

il fait silence dans la chambre des brumes. la belle dort à poings liés, le buée retroussée sur ses jambes et ses seins ; son corps usé d'amour repose sur la plage de mes sens. elle demeure ainsi étendue, pâle véritable, comme

j'ouvrais la porte au désastre de la nuit

qui la vient cueillir dans

la fraîcheur de son sommeil.

 

« Ne me touchez pas

prenez garde à vos yeux. »

 

l'hiver gagnait la pièce. dans

quelque coin de poussière une araignée glapit d'effroi ;

la mécanique du bruit

chantera avant coq avant aube avant soleil levant

je te le promettais

mais tu ne m'écoute pas

tu ne m'écoutais pas plus

que tu ne m'aura jamais écouté.

 

La voix dit :

 

« Un enfant qui rêve d'un oiseau

 

un oiseau qui rêve d'un enfant

voici que le miracle de la vie m'échappe de nouveau

je ne sais plus de qui je suis le maître duquel je resterai l'esclave

ma bouche est pleine de mots savants

leur futilité me crève le tympan

ô poésie ô miracle soyez à moi

aidez-moi

laissez-moi »

 

« je baiserai tes yeux je baiserai tes mains

je serai le secret de tes rides le chagrin de ses cernes

je vivrai en toi

dussé-je en perdre cœur corps âme esprit

bouche yeux oreille nez silence

je vivrai dans ton cœur comme le meilleur des

parasites

 

et puis je te laisserai là

seul et

comme abandonné à l'aube du désastre

et je rirai de te voir crier

vomir mon amour et mes caresses

 

car je suis l'autre larme de poison

celle qui baigne tes lèvres et enflamme tes baisers

au jour de tes rêves »

 

un silence assourdissant planait aux

murs de la chambre qu'éclaire les prem

iers rayons du jour.

 

la voix dit :

 

« bien

bien mon amour

qu'il en soit ainsi

car je n'en puis plus de vivre dans la solitude de mes jeunes années

plus de faner loin des hommes et des choses

prends-moi

fais de moi ce que tu veux

mais quand le moment viendra pour toi de m'ab

andonner à nouv

eau au douleurs du passé

surtout

 

ne te retourne pas »

 

j'ouvre les yeux.

la pièce était aussi noir que les yeux de

la belle, fermés sur tant d'

autres

secrets.

Terrible sort.

la belle dormait.

 

la belle dort

et la seule voix qui ait jamais brisé le silence était

celle de mon cœur.

 

 

 

VI.

 

la nuit trace un trait sur la feuille blanche blanche

et je m'élance

- il est tard

- quelle heure ?

- tard la nuit

à la fenêtre le ciel est sanglant comme un jour d'orage

les lumières fatiguent les façades des grands immeubles bleus de mer

je rêve de cent pas je rêve de promenades seul au fin fond de l'océan

mon crayon rumine

le trait se trace

c'est ainsi.

(la nuit est une curieuse affaire pour qui ne sait pas mourir)

le temps - rien d'autre ?

- cela va sans dire !

martèle la seconde avec le tact d'un marteau-piqueur

il est tard

il n'y a d'insomniaque que moi et la lune incendiée

la belle effarouchée

à demi nue

dans ses draps de sang

nous partageons cela cela la lune et moi de travailler sans heures

nous pourrions veiller ensemble

régner sur les champs arides du rêve et de l'ivresse

encore faudrait-il que nous fussions

« autre chose »

que deux piteux rouages

dans la rouleuse mécanique du temps

 

tard la nuit je dresse en toute impunité

la liste de mes griefs sur le bord d'une table en micra maculée de colle et d'ennui

je recompte les livres de ma chambre, faute de voix pour me raconter leurs histoires

la vie est belle, délicieuse, sans menace

la scie chanteuse opère à cœur ouvert

la gomme gomme la colle encolle

et le crayon gratte gratte gratte la feuille blanche blanche

gratte tard

- tard -

tard

tard la nuit.

 

 

 

VI.

 

ne te retourne pas

ne te retourne pas

sauve-toi

tu es libre à nouveau

tes yeux ne sont plus ceints par la tourmente

l'ensoleillée gagne le maquis comme la brume le port

combien de kilomètres as-tu tombé depuis ton dernier pas

ô tendre champs clairs de l'avenir

maintenant tu sais le prix de ces instants

que l'hiver cède à l'été

ne te retourne pas

 

la sentinelle frémit aux bras de la tempête

il est vague ce souvenir de ton ombre en proie aux grands tressauts

c'est l'été qui revient siffler aux cheminées éteintes du château

le vent tombe

tu n'es plus la sentinelle de personne

 

une hirondelle passe

 

d'autres champs

à perte de vue

 

l'horizon

 

tout est bien

tout est bien enfin

 

surtout ne te retourne pas

Partager cet article

Repost0
2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 16:08

 

Le temps est une trahison. Il défait le jour le long travail des nuits ; il glisse à entre nos doigts comme à la mer le soleil au point du jour... Et l'on se voit bien triste au matin, quand il faut reprendre le fil de l'ennui, avec plus de rêves que de souvenirs – quelle évasion !

Je ne sais plus où j'étais, à quelle heure, quelle saison... Il y avait une foule d'ombres connus, peut-être autour d'un banquet, peut-être sur la pelouse soignée d'un golf – ce pouvait être en mille endroits différents... Ma seule certitude c'est Elle. Elle était là, à portée le voix – à portée de lèvres –, elle était là. Il y avait moi, pas plus sot qu'à l'ordinaire, pas plus hardi. J'attendais un geste, j'attendais un silence, un regard ; le même bal, toujours. C'était peut-être un banquet, quelque jour de fête. La fin de mes espoirs, qui sait.

Il était là aussi. Droit, le menton impeccablement carré, l'œil profondément bleu, la mèche improbablement cendrée – pourquoi lui ? Il devisait en une langue muette, récitait des prières sacrilèges, brûlait déjà de jubilation devant le complot à accomplir, l'infâme ! Elle était là. J'étais là aussi. Je ne le savais pas, je n'avais d'yeux que pour elle.

Tout s'est joué très vite. J'étais parti, revenu ; le banquet levait le camp. Ils étaient là. Corps à corps. Lèvre à lèvre.

Ô mémoire, ô matin de tendre guerre, à lutter contre le souvenir, à n'en garder que la marque brûlante et la honte de soi ! Ils étaient l'un à l'autre, elle buvait à sa bouche le petit lait des jours heureux. Et moi je rengorgeais le vin amer de mes regrets, la seule salive qu'il m'ait jamais été donné de sécréter, la saveur même de l'amour...

Partager cet article

Repost0
18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 16:07

 

bastille Bastille

le désert des boulevards fait place au peuple ce dimanche

la voici la Nation du progrès et de la fraternité

la voici en marche vers son terrible destin

 

bastille Bastille

sur les pieds militants la rue du Faubourg fait triste mine

quelques pavés se remémorent jours de grande liesse

jours d'un autre temps

et ronronnent à qui leur marche sur le ventre

les platanes au garde-à-vous sont comme peupliers

leur cimes font au long cortège une haie d'honneur

et il semble qu'à leurs branches

pendent en grappe

les cerises de mars

 

bastille Bastille il n'ont que ça en bouche

ces femmes et hommes au regard mort d'ennui mais au sourire vaillant

ces visages laids ces visages las

ces cœurs battant chamade

ami prend garde à toi

prends garde à emprunter le pas

à celle-ci ou bien à celui-là

qui marche pour tous les autres

qui marche pour dire et se dire et entendre dire

combien il est vivant

 

bastille Bastille accueille une nouvelle fois ce grand corps médusé

ce géant dans les fers de lui seul souverain

le populaire

le populaire immense marchant sur Paris

comme aux grandes heures de l'histoire de France

marchant sur les tyrans

piétinant les chaînes qui l'asservissent

et d'un cri étourdissant

libèrant le rêve

 

bastille Bastille marchons camarade ami

marchons pour nos frères

tu sais le prix payé par le peuple embastillé

plié sous le joug de l'oppression

tu sais combien la République a méconnu ses bourreaux

ceux-là qui s'immisçant jusqu'aux lieux sacrés de son exercice

en ont bafoué l'idéal

à nous

à nous troupe invisible indivisible

à nous d'en ressusciter le sens

 

redéfaisons Bastille chaque dimanche chaque jour s'il le faut

rejouons à la Révolution refaisons République

comme à l'époque de nos parents

refaisons de leur bastille notre Bastille

de leur honte notre gloire

de leur résignation

un étendard à notre courage

 

mi-mars à la Bastille

le temps des cerises est avancé

Partager cet article

Repost0
23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 16:00

 

un jour le grand voyage

la vie hantée de rêve la vie dressée se cabre sous la menace de l'orage venu châtier l'espoir

je suis sur la longue route de l'angoisse un point mouvant et terrifié

comme une coque creuse ballotée au gré des vents

il n'est plus le temps d'avoir le temps

il faut courir face à la vie ou sombrer corps et bien

dans la maison hantée de ma vie des chiffons de suif trempés de thé salé gardent les portes

seul le silence commande au silence

la barque des temps a échoué quelque part au large de nos terres

et d'entre les rescapés la promise au voile de neige regarde fondre au soleil le fidèle équipage

comme il fait seul ce matin

je repense à tous ces jours de pluie passés au chevet du soleil dans l'antichambre du bonheur passés à chercher ta main entre ses draps de marbre sans l'y trouver et alors le froid des larmes qui épinglait des cernes sous mes ongles et des ombres sous les perles des tes yeux car nous pleurions toi et moi nous pleurions tu sais

non tu ne sais pas

tu ne m'écoutes pas je parles pour ne plus rien dire

les siècles de légendes devenus inutiles traînent au coin de mes mots

et une étrange mélancolie vient piquer mon cœur de regrets

ce corps me fait mal de ne pas savoir son bien

cette âme n'est qu'une vieille peau qu'on reprise pour en sauver le souvenir

la fatigue m'étreint

je rêve au grand voyage qui m'éloignerait de toutes ces choses inhumaines ces choses tangibles à faire geler l'incendie du cœur des hommes

mais le destin me tire loin des terres de lumière où trouver l'apaisement

le grand voyage est oublié la pesante vérité demeure

que d'entre les débris de la barque échouée

s'échappe le fantôme des ans passés

à regarder passer les ans

cruellement les mêmes cruellement lointains

éhontément cruels cruellement cruels

Partager cet article

Repost0
29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 14:45

     rouge cannibale
fleur de mes nerfs éclose aux quatre vents
fleur rouge de ta sensualité
enivrante délivrante
délirante idée d'y vouloir naufrager

rage du naufrage
rage de tes yeux suppliciant la roue motrice de mon cœur
ô la rouleuse mécanique de mes sens
laissée délaissée lassée délassée
assez

un fleuve doux coule entre mes mains
on y lit mes pensées
un fleuve au lit pavé d'épaves
on y lit mes troubles mes ombres
mes forêts mes arbres mes ronces
cactus rictus prospectus
tous ces retours d'éducation psychosomatique
qui n'ont d'autre que moi d'ami et d'ennemi
toutes ces pensées passées à penser à toi
passées à brasser souvenirs amassés
assez

t'outrepasser sans flancher
t'outretomber sans tomber
t'oublier sans oublier

la robe rouge cannibale que te ceignait le corps
saignait mon cœur avec une ardeur
     cannibale

Partager cet article

Repost0
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 19:08

le reste est silence
elle a eu ces mots au moment de passer le seuil
et l'on pouvait dire à la fumée dans ses yeux
combien elle avait dû endurer de bruit
pour en arriver là
elle s'est assise sur mes bras avec une moue d'indifférence
comme pour me signifier son exigence
et j'avais peur
peur pour mes pauvres os qui grinçaient de froid
à l'heure convenue il me faudrait briser ce silence
briser ce noir désert de silence
et toute ma musique qui n'en peut plus tenir
d'être tu toute une éternité avec elle
mettre fin à cette fin qui n'en finit plus de finir
mon Dieu que me tarde l'heure
que me tarde la nuit que me tarde l'insolence du premier geste
de la première vie
elle était là assise à l'aplomb de mes cernes un joyau à chacun de ses doigts sur ma joue
dans une lente caresse sans un mouvement pour se trahir
son poids d'absence sur mes reins et un soupir pour tout adieu
à l'heure convenue je la tromperais tout bas
sans un geste à la simple force d'un mot un mot tacite un mot vendu
un mot bien connu
une perle de mot qui peuple les lèvres des passants tout autour de nous
dans cette ville qui est un cœur
à l'épicentre de notre amour
tout bas je lui dirai un mot plein d'allégresse
ou plein amertume ou plein de faux silence
ou bien je ne lui dirais rien
rien après tout si tel est mon bon plaisir
juste pour sentir le peu de bruit qu'il y a entre elle et moi
entre la présence et l'absence
peut-être chanterais-je s'il m'en vient l'idée
juste pour voir tomber un à un ses cils de jeune demoiselle
se creuser les rides de l'âge
fondre le visage aimé pour laisser place à la femme nouvelle
ô tendre ô précieuse rien de tout cela ne pourrait t'atteindre
tu te ferais violence pour soutenir en silence
l'opprobre de mes mots
et tu en serais bien sage
et tu en serais plus belle encore
tu remplis chaque instant de mon attente
souple et légère de silence trouble et pesante de bruit
et quand tu n'es pas là sur mes bras à m'imposer ton pardon
tu n'en es pas plus absente même à mille lieues d'ici
ma terrible sentinelle
je te suivrai
où que tu veuilles aller je te suivrai
car ce soir je suis là
dans cette ville qui est un cœur
à l'épicentre de nous

Partager cet article

Repost0
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 19:00

une femme assise sur la quarre d'un grand piano à queue
un voile de cendre évanescente tiré sur un quartier de lune
une coupe de champagne à même le marbre
le temps qui passe

une jeune fille qui cherche un baiser
un baiser qui chercher une bouche
tous ces millions de lettres à la mer comme un atoll de neige
au fond des yeux de la folle éplorée

le temps qui ne prend plus le temps
le temps qui n'a plus le temps
le temps qui change

toi qui vis loin de moi
tu ignores tout de l'attente
toi que je ne connais pas
tu ne sais pas combien d'années il faut
pour venir à bout
de la patience
et du rêve

la femme assise sur la quarre du piano à queue
fume et chante et blesse le silence
à grands éclats de rire

Partager cet article

Repost0
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 19:02

il est loin le temps loin
où tout savait ce qu'il me fallait dire
ce qu'il me fallait taire
c'est à peine s'il m'en souvient encore
j'avais un monde d'excuses à offrir
et tant d'aveux falsifiés
que j'en aurais comblé les vacuités de mon égo
pour des siècles d'Iliade
mais le matin le soir comment mentir
au noir stylet des yeux dans le miroir
qui vous lit comme une ligne pure
et qui vous sait tant d'anciennes peurs
à ne plus aborder
il est loin le temps loin
où vous ne vous saviez plus
qu'à vous briser les dents
sur des marbres trop nus au front d'autres princesses
que celles-là qui vous rêvaient le mieux
j'aurais tant de nouvelles pierres à énumérer
toutes brillent à l'index de mon souvenir
comme les perles
d'une bannière étoilées
mais par trop heureux d'en taire les délices
le charme de ces récits demeurera
sourd et oublié
jusqu'à
jusqu'à ce qu'il soit loin
loin le temps loin
où le silence avait un prix

Partager cet article

Repost0
22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 18:59

la nuit s'étend comme un grand drap neige
sur la jungle de mes désirs où s'infiltre un jour nouveau
un sphinx à l'affut guette le rôdeur à l'ombre d'une ombrelle
il fait sombre ce soir
la lune plonge son grand visage de suif dans le lac incandescent
de mes absences et de mes doutes
et les soirs d'avarie je sens ses reflets venir brûler ma gorge
mes poumons mes reins comme une sueur froide
le ciel bat à ma tempe au rythme fou d'une cavalcade à flanc de falaise
toutes les nuits je m'endors de ne plus dormir
le silence habite ma voix
et le rêve jaillit du même coup de sang
je m'isole dans une féérie stable et calme
un support pour mon regard et un sol à mon pied
mais soudain il se dérobe l'insolent rêve d'une nuit sans sommeil
et je tombe dans l'interminable naufrage
d'une étoile au fond de l'océan

il fait sombre ce soir
où es-tu
où être-vous
ô belles ô mémoires
ô miroirs
nous étions d'âge à ne plus croire les anciennes terreurs
nous sommes d'âge à ne plus rêver
où sommes-nous maintenant

Partager cet article

Repost0

Mais que trouver ici ?

Quelques idées, peu de chef-d'oeuvres mais beaucoup de sincérité ! Voici les descriptions des différentes catégories d'écrits pseudo-poétiques dont j'abreuve régulièrement cette adresse...

Sonnets 
Toujours les quatorzes vers devant lesquels nul poète ne doit plier !

Huit vers
En octosyllabes ou en alexandrins, la seule chose qui unit ces poèmes, c'est qu'ils sont formés de huit vers.

Vers inclassables
A chaque pied son... poème !

Alexandrins en pagaille
Quand les alexandrins sont lassés du sonnet !

Vers libres

Je n'en suis pas spécialiste, mais je m'y essaie !

Poésie Japonaise
Vous y trouverez des poèmes à forme fixe japonais : haïku, tanka, renku, etc.

Poésie engagée
"Ecrire pour des idées"...

Pièces faciles
Juste deux, trois vers, le sens vous appartient.

Poésie en prose

Petits poèmes en prose, j'adore cette forme.

Auf Deutsch, in English!
Poèmes en langue étrangère, juste une petite folie !

Calligrammes
Collection de calligrammes, dessins poétiques et poèmes typographiques, réalisés sur ordinateur.

Recherche

Accueil

Musique, Maestro !